J'écoute : des chansons pop à thématique sexuelle (je suis frustré, faut bien que je compense) Je regarde : plus la TV (ça me gave) mais toujours plus (avec un "s") de films d'horreur Je lis : un roman policier excellent : "Prédation", écrit par deux français. Je joue : avec mon corps en fantasmant sur... (censuré) Je mange : des légumes à gogo, des fruits et je réduis ma consommation de viande rouge... Je bois : du sirop sans sucre (si, ça existe !!!) Je cite : "Touch My Body [...] Come on and give me what I deserve !" MC Je pense : à toi qui m'aimes peut-être dans tes rêves et qui ne l'a pas encore concrétisé... (dépèche !) Je rêve : de développer mes muscles ET mon cerveau ! d'allier conversation cérébrée et beauté imposante. (mis à jour jeudi 8 mai 2008 à 21:20)
Ah ! Si seulement j'avais un prof d'aérobic perso ! Mais repoussant, genre blond nordique (conception personnelle du "mec repoussant") afin que nos séances ne se transforment jamais en "sport primitif" ! :)
Mais en ce moment, je suis tout feu tout flamme et je parviens à me faire du bien par le mal tous les soirs. Motivé ! Après, reste à savoir à quoi cela va bien pouvoir me servir...
Vive le ciné des eighties ! THE CHILDREN trailer !
Jetez un oeil, ça dure pas longtemps mais c'est trop trop bon ! Effectivement, y a comme un problème avec les enfants de Ravensback ! lol Ce film date de 1980 !
Voilà, je vous explique.
Il s'appelle selon lui Samir mais j'ai découvert par le plus grand des hasards qu'il s'appelait en vérité Serge (!!! si, si !). Mon meilleur ami l'a croisé la nuit de la St Sylvestre 2008 sur les quais de la Loire et l'a ramené chez lui pour un youplaboum torride.
Jusque là, rien de grave.
Sauf que depuis le jour où il m'a rencontré, "Samir" a jeté son dévolu sur moi. Et moi, véritable statue de marbre (et d'inquiétude devant ses tremblements, sa face rougeaude et les grosses gouttes de sueur dégoulinant sur son front à chaque fois que je suis dans les parages), j'ai dû plusieurs fois, par la suite, repousser ses avances exprimées de manière tactile dès que les autres avaient le dos tourné (genre on fume tous les deux une clope dehors pendant que les autres descendent leur Despé dans le bar, et "Samir" se jette sur moi pour me piouter le cou en mimant d'être vaguement pompette donc excusable). Au début, c'était marrant, vite fait, mais maintenant, c'est lourd !
Dernière trouvaille du mégaboulet de service : prétendre que je le harcèle en douce sur son téléphone, que je lui tiens des propos de classe pornographique, et que je lui aurais même montré ma bite dans un coin noir de la ville... !!! (mon meilleur ami m'a appelé cet aprem pour me dire... "d'arrêter ce harcèlement"...)
De mes narines sortent déjà des volutes de fumée... JE VAIS LUI CRAMER LA GUEULE !
Un truc bien méchant mais qui me fera pas passer non plus pour un frustré revanchard.
Lui tailler une réputation d'enfer ?
Lui mettre un complice dans les pattes ?
L'humilier publiquement ?
Révéler tout ce que je sais sur lui aux autres ???
J'y réfléchis.
Le pire, je crois, c'est que parmi mes soit-disant amis, y en a quand-même quelques-uns qui donnent crédit à la version de "Samir" ! Alors qu'il mythonne tout le monde depuis qu'il est entré par effraction dans notre bande !
Peut-être que je devrais rentrer un peu dans son jeu pour mieux attaquer de l'intérieur...
My Life. Is fucking me in the ass the same as loving me ? 2002.
Il s'appelait L., il était bof mais très amoureux de moi, châtain, trapu, yeux bleus, voix cassée mais pas rauque, bizarre, pas de conversation mais une forte propension au contact physique.
Je n'avais pas encore de désirs définis, j'avais entendu dire qu'être pédé, c'était forcément se faire enculer, c'est ce que disent les gens à la campagne pour cacher qu'ils pratiquent aussi la sodo-maison une fois les voisins endormis. Mais je ne voulais pas que L. m'encule. Je ne suçais pas non plus, ou à regrets, sans entrain, sans passion, machinalement, comme une grande inspiration avant de plonger avec cet empressement de remonter vite fait à la surface.
Je me voulais sauvage.
Il ne pouvait pas concevoir de m'aimer sans m'enculer, c'était plus fort que lui, absolument ancré dans sa conscience comme une condition sine qua non.
Devant mes refus, il a tenu bon.
Il m'a dit qu'il attendrait.
Je lui taillais des pipes rapides et efficaces pour compenser, bêtement ! Je pensais qu'on avait trouvé un terrain d'entente. La fameuse "suçothérapie" dont parlait Arte-Radio... !
Un soir que je ne devais pas sortir en boîte (et lui non plus, soit-disant cloué au lit par de la fièvre), j'ai suivi une bande de potes... et j'ai trouvé L. dans les chiottes en train de formater le cul d'un quidam dont je ne me rappelle que la chemise hawaïenne et le jean descendu sur les chevilles.
Première vraie claque de cette "sexualité spécifique option irrépressible" qu'on prête aux homos.
La fellation régulière n'avait donc pas suffi ?
Il lui en avait fallu plus ?
Depuis ce jour-là, sucer n'est pas un acte banal pour moi, il revêt une vraie signification d'engagement de ma part... et pour le reste, j'ai découvert quel "rôle" me va le mieux. On top ? Assurément.
Mais rien n'est figé, heureusement.
Love revolution is sex revolution. I get so O.O.C. !
Un de mes potes s'est fait mener en bateau par un mec d'abord rencontré sur le net puis dans la vraie vie. Exemple de mytho que lui a balancé le fabulateur professionnel : il aurait été il y a quelques années graphiste chez Disney... et aurait bossé sur Pocahontas. (oui, vous pouvez rigoler) Du coup, mon pote et moi, on s'est tapé le générique du dessin-animé, et à part si l'énergumène a travaillé sous pseudo, aucune trace de son nom...
Du coup, moi j'étais pété de rire. C'est tellement classique, les mythos chez gayland. (euh chez hétéroland aussi, ça existe, surtout chez les hétérotes honteuses)
Mon pote l'a mal pris. Il m'a gueulé dessus comme sur un caniche blond et mal-élevé :
- Tu ne comprends pas ! Ce mec, je m'en fous qu'il me mente, je l'aime et lui au moins, il me fait rêver, il m'embarque avec ses conneries ! [...] (retranscription approximative de sa violente réaction)
Quelqu'un m'explique ? Parce que là, j'ai loupé une case, j'ai pas compris ce qu'il a voulu m'enseigner sur la vie amoureuse ? Faut laisser un mec nous mythoner tranquille sous prétexte que c'est joli ? Vivre dans le fantasmatique perpétuel ?
PS : si un châtain aux yeux verts sympa et accessible lit ce post, et qu'il n'est pas une imposture, qu'il me contacte, parce que mon rêve terrestre se résume à peu près à ça, MOI.
... GAY PRIDE DE TOURS.
Rassemblement place des Halles à 14h !
J'y serai (normalement). Peut-être déguisé en quelque chose (autant essayer d'être fun).
La gay-pride, je m'en fous un peu. Mais comme mes amis y vont, je ne vais pas rester dans mes chaussons devant la TV. Je me motive pour ma ville de coeur qui n'a pas toujours eu une bonne réputation à l'égard de la communauté LGBT.
Ambiance chichi, ballons, peluches, gaufres et barbes à papa barbantes...
Bu une bière blanche, un bonheur.
Ai trouvé sur la foire expo des tablettes de chocolat made in Russia que je bouffais à la chaîne en Ukraine, au coeur de l'hiver. Jusque là, ça va.
Ensuite, fait deux manèges à sensations (au prix assez sensationnel aussi...), un qui m'a envoyé en l'air et l'autre qui m'a secoué comme un prunier (pourri et fragile) de droite à gauche (et vice-versa).
Puis, ai marché dans une barbe à papa lâchement jetée au sol (certainement par un chiard blond et capricieux), bien fondue sous un soleil de plomb, puis dans les graviers (pas le choix, ainsi se présente le sol du parc forain), résultat : démarche gênée et chaotique, pas discrète du tout, graviers pénétrant peu à peu la fine semelle de mes Converse blanches (toutes neuves, je précise) et résidu de barbe à papa me scotchant aux plaques d'acier des manèges (pas pratique pour s'installer en faisant mine d'être détendu).
Ai fait le palais des glaces, et malgré ma "jambe de bois", ai grillé mes potes en trouvant le premier la sortie (honneur suprême, sauf que j'ai dû attendre une bonne demi-heure avant qu'ils ne réapparaissent...).
Ai fait la FUNHOUSE (maison de l'horreur en VF) de la foire où je me suis bien éclaté... mais tout seul car ça ne branchait pas les autres (quels boulets, quand-même !).
Et à la fin de l'après-midi, alors que nous étions en terrasse à siroter un Coca, qui vois-je ?
Lui.
Ce gros CONNARD... (mais alors quel BEAU connard...)
Qui m'a jamais rappelé mais me bombardait de textos enflammés pour (sadiquement) nourrir mes espoirs (finalement déçus...).
Aux bras d'une petite pédale de 20 ans tout au plus, moche comme un pou avec sa tête plate boutonneuse et sa coupe de renard exotique (comprenez "coupe tecktonik orange") survolant un T-shirt blanc à motifs fluo rose et un slim violet (non mais franchement...).
Peux pas croire qu'il m'ait zappé... pour... ce TRUC.
Ils sont montés dans le tapis-volant (vous savez, ce manège basique accessible aux grands-mères) et le petit tecktonik-killer poussait des cris de femelle hystérique à chaque coup de rein vaguement brutal de la machine... Et à la sortie, il fait style "je suis tout émotionnée" en levant les sourcils une main sur le coeur, sous SON regard amoureux et protecteur.
Trop envie de leur coller une pomme d'amour pour étouffer leurs petits mots doux échangés yeux dans les yeux avec une complicité enfantine. (oui je suis un méchant)
Je suis traumatisé. Ce matin, je l'ai dit : non, je la sens pas, la foire de Tours un samedi...
Bah voilà. C'est fait, pesé, emballé, emporté.
Et les quelques regards libidineux d'inconnus croisés sur place n'y changent rien : je suis déprimé ! Rideau.
Je vais en parler parce que ça me fait chier cette hypocrisie généralisée qui veut que la consommation excessive d'alcool soit encore "honteuse". Mon meilleur ami est alcoolique. Je m'en suis rendu compte très tôt mais comme tout le monde (et comme mon paternel avait pas mal "donné" dans le genre), j'osais pas me l'avouer, non, c'était pas possible.
Du coup, ça réveille de vieux démons.
Ces soirs où ado, je flippais dans ma chambre.
La transformation du visage de mon père, de sa voix, cette odeur acide qui avait peu à peu envahi la chambre parentale, ces bouteilles cachées dans le garage, les accès de fureur, les coups aussi, l'humiliation sociale, la tyrannie familiale, toutes ces choses dont il ne faut pas parler pour ne pas gâcher la (fausse) dimension "fun et joviale" de l'alcool qui reste un des piliers de la civilisation.
Je n'ai rien oublié. Je pensais l'avoir zappée, cette partie de ma vie, mais ça n'est pas si loin, et parfois, si je n'arrive pas à dormir, je rêve de l'existence qu'on aurait eu si...
Bref, là je ne sais pas quoi faire.
Je refuse d'avoir à vivre dans l'ombre de l'alcool encore une fois.
J'ai été patient. Je sais que je devrais l'aider mais je ne peux pas.
L'alcool, c'est pas QUE la petite coupe de champagne avec laquelle on trinque au 1er de l'an. C'est un putain de fléau qui détruit tout sur son passage.
C'est la première fois que ça m'arrive, ce genre de truc. Du virtuel au réel, finalement, il n'y a qu'un pas.
Encore faut-il avoir l'impulsion. Cet empressement irrépressible vers l'autre.
Nous nous parlions régulièrement au téléphone mais ce n'était plus assez.
Alors, un vendredi soir, au sortir du travail, je monte dans ma voiture, je lui envoie un SMS pour lui dire : "J'arrive". Ouais. Comme ça. Sans trop réfléchir.
L'aventure, l'imprévu.
Après 3 heures d'autoroute, je me retrouve dans sa ville. Je me gare, je l'attends, je flippe un peu, je me sens soudain méga-moche, je garde quelques minutes la main sur la clef de contact en cas de crise de trouille aiguë, je respire, je fume une clope, je me calme. Je me dis : "qu'est-ce que tu as fait ? tu es complètement dingue !" Envies croisées de rire et de verser une larme.
Je repense à lui. Mon coeur bat très fort.
Il arrive au bout de la rue.
Trop envie de me cacher ! Mais non.
Il entre dans ma voiture, il a l'air aussi gêné que moi. Une vraie expérience (indescriptible). Rien à voir avec une rencontre fortuite sur un lieu de drague... Là, c'est plus solennel.
Plus tard, il m'offre un café chez lui, avec sa super cafetière dans laquelle on insère des dosettes magiques. Il m'offre une dosette bleu foncé.
Une heure plus tard (je crois), je l'embrasse alors qu'il me dit de ne pas le faire.
"Pas déjà", me dit-il. Mais on s'embrasse.
Comme je ne veux pas dormir chez lui, je décide (très connement) de repartir.
Il me suit jusqu'à ma voiture, on s'enferme à l'intérieur.
On souffle sur les vitres pour que la buée nous cache, ainsi que ce qu'on fait sur la banquette arrière. Puis, je repars. A la fois choqué par la beauté du truc et déstabilisé par la vanité de l'ensemble.
Si c'est ça un conte de fées, alors l'enfer doit être plus plaisant que ce qu'on veut bien nous laisser croire. Va savoir.
Vous en avez rêvé ? elle l'a fait ! Ayu est venue tourner la vidéo de son single à Paris ! Pour moi, ce Mirrorcle World est son meilleur titre depuis longtemps ! (on est loin du massacre de l'album (Miss)Understood !) Même si j'avoue que juste avant, son album Guilty m'a franchement réconcilié avec elle ! La chanteuse japonaise part à la reconquête de son trône... (comme elle l'avait dit dans une interview à la sortie de Guilty)
P.S. : ne vous laissez pas abuser par l'intro symphonique de la chanson... !
Cet après-midi, j'ai cueilli des fleurs des champs avec ma soeur, sous un soleil de plomb. On s'est amusés avec les boutons d'or ("tu aimes le beurre ou pas ?"), on a soufflé les pissenlits (en faisant quelques voeux), on a tiré sur les herbes "poule ou coq ?" et on a essayé de trouver un trèfle à quatre feuilles (en vain). On était comme des gosses (de 26 et 36 ans, respectivement). Cette année, il semble que je ne suis (vraiment) plus allergique au pollen (sans désensibilisation, cependant !). Miracle. Merci, mon Dieu. Fini les saignements de nez et les yeux de zombie à la simple vue d'un pétale voltigeur. En mai, je me roule dans les champs !
Je veux simplement qu'on me foute la paix. Qu'on me laisse vivre mon truc intensément, sans discontinuité, sans interférence extérieure. Y en a marre de rendre des comptes à tout le monde à la moindre démarche personnelle un peu inhabituelle.
Vous avez souffert, vous avez peiné, vous vous faîtes violence et on veut vous mettre des bâtons dans les roues ?
"C'est pour ton bien que je te dis ça, sucre d'orge", vous rassure-t-on ?
N'écoutez plus. Prenez vos responsabilités. Foncez. Ne laissez personne éteindre ce feu intérieur. Au bout du tunnel : un univers nouveau, un ciel constellé d'infinies possibilités.
Hold on.
Je l'adore. Je ne dois pas être le seul. Quelle voix ! Quel physique ! C'est un peu comme si la girl next door prenait le micro et révélait de l'or ! Je suis à fond derrière elle (pourtant, j'aime pas la TV, mais là j'ai pas pu passer à côté !). Franchement, si elle sort gagnante, je m'inscris au fan-club (j'y suis déjà, provisoirement). (et puis, ses bretelles, c'est mignon comme tout)
L'un des clips les plus explicites (elle a fait pire, je vous rassure !) de Koda Kumi !
Si Kuuchan (c'est son petit nom) vous intéresse, cherchez quelques vidéos sur le net, trouvez des chansons. Vous pouvez aussi visiter mon groupe (cf mon portrait) sur GA.
[cette chanson est assez vieille et ce n'est pas sa meilleure, mais bon, ça donne un aperçu - navré pour la qualité pourrie de la vidéo, j'ai pas trouvé mieux]
Allez, si je veux avoir une place pour l'avant-première, faut que je file !
Je vous fais un compte-rendu de l'expérience demain.
[edit] [mercredi 23 avril 2008]
[REC] le film malin de derrière les fagots, ou "comment foutre une claque à tous ses ancêtres", que ce soit Le Projet Blairwitch ou même Cloverfield (pour l'aspect reportage), ou encore les films de zombies (la filmographie de Romero et les remakes, quoique son Diary of the Dead qui devrait sortir l'année prochaine - en étant optimiste - a l'air de dépoter pas mal). Je ne peux pas m'empêcher de rapprocher [REC] du célèbre Cannibal Holocaust pour le réalisme mégacrédible couplé à une dimension malsaine unique... mais en plus énervé (en moins poseur, si vous voulez !). Je ne veux pas vous gâcher le plaisir en entrant dans les détails, mais attendez-vous à quelques frissons, quelques sursauts, et aussi de la flippe pure et dure lors de quelques séquences qu'on peut déjà considérer comme cultes ! (oui, déjà !)
C'est une vraie expérience. C'est gore aussi (coeurs sensibles, restez dans vos pantoufles).
Après, évidemment, y aura toujours des gens pour critiquer négativement ce genre d'effort, mais moi, ce que je vois, c'est que le film est espagnol, que l'Espagne devient LE pays européen du ciné horrifique (avec la Grande-Bretagne) et que la France est toujours à la ramasse (même si on a vu quelques "essais" ces derniers temps).
Bref ! Pour résumer, [REC] propose un spectacle qui va crescendo, unique en son genre, et fait se poser des question au spectateur lambda sur sa propre position de "voyeur", jusqu'à une fin terrifiante au possible dont je ne vous vends pas la mèche, bien entendu !
Seul bémol : le doublage un peu bidon de certains personnages (rien que l'héroïne...), alors vivement le DVD (et la V.O.). [si vous avez la chance de le voir en V.O. dîtes-moi comment c'est !]
Il y a eu ce mec, un correspondant British d'une copine, un certain Peter Patterson. Suspect, ce gars, dès le début, j'ai senti "quelque chose en lui".
Le gros coup de foudre. J'étais amoureux de ses tâches de rousseur et de sa peau blanche, de son sourire bêta et de son insouciance (en même temps, les voyages de correspondance facilitent la chose). Dès qu'il a débarqué au lycée, je me suis mis à le harceler. Lui gueuler par tous les pores de mon être que j'avais à lui offrir tout de moi, même à 17 ans c'était "Peter Patterson pour la vie", il m'aurait demandé de tout abandonner (de pas grand chose...) pour lui, je l'aurais fait. Bêtement. Comme quand on ne réfléchit plus quand on sent que l'autre va vous embrasser et que l'empressement est partagé, et que tout s'efface autour, qu'on entend simplement sa respiration, qu'on a envie de dire "stop" parce que c'est un truc inespéré et rare, le baiser d'amour, et qu'il vient, qu'il se rapproche, et qu'on ne peut plus rien faire pour résister et qu'il est stupide de résister parce que pour une fois, le destin nous fait une fleur.
Peter Patterson, pour moi, c'était ça : la révélation d'un désir venu d'ailleurs.
Comme si le Très-Haut lui-même me l'avait envoyé pour me tester.
Il ne comprenait pas. Il me voyait bien le suivre tout le temps, lui sourire, lui toucher la main ou le bras en lui parlant (sous les regards nerveux de ma copine Kelly pour qui, en revanche, mon audace ne faisait pas illusion). Lui couler des regards caressants et des allusions du genre démonstratif. Mais c'était décourageant. Je me tapais l'affiche et lui, un vrai bois mort, il ne captait rien de rien.
Puis, le jeudi de son départ... Le bus des Anglais attendait de l'autre côté de la passerelle à 16h pétantes. J'ai séché mon cours de maths sans scrupules (j'aime pas les mathématiques) pour le coincer juste devant la passerelle et lui dire au revoir.
Instinctivement (?), on a attendu que tous les autres empruntent la passerelle et soient à bonne distance sur le parking.
Et là, je sais même plus ce qu'il m'a dit dans son français de merde, mais c'était trop incroyable, j'avais l'impression que le soleil brillait plus qu'avant, que nous étions seuls au monde, que je vivais un truc gigantesque, avec tout qui s'effondre autour d'un seul coup.
Il m'a regardé longuement en silence, moi je n'étais plus le même, je me sentais élevé, entre le ciel et la terre. Et il m'a embrassé goulûment (!), on n'avait pas le temps, c'était la passion ou rien. =) 5 petites minutes de bonheur absolu.
Et il s'est barré pour toujours. Salope de vie.
Sur le trajet de retour à la maison, j'ai chialé comme une gamine à qui on apprend que le Père Noël n'existe pas (à la fois heureux d'avoir grandi mais désespéré de perdre à jamais la figure du premier vrai amour, du premier mythe).
Mais il m'a laissé cette addiction esthétique et sexuelle aux peaux très blanches (châtains à peau blanche, cachez cet épiderme que je ne saurais voir) et ce goût irrémédiable pour les tâches de rousseur (qui me fait presque désirer Lindsay Lohan).
Peter, wherever you are, I'm still loving you.
You're the first. My greatest.